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Les difficultés à importer une voiture de l’étranger

Julien Verbois

Julien Verbois

Editeur et fondateur d'Edony.

Importer une voiture consiste à accomplir les démarches nécessaires tout en évitant certains pièges. C’est l’objet de cet article, ou nous vous expliquons les points sur lesquels vous devez être particulièrement vigilant si vous décidez d’acheter la voiture seul.

La plus grande difficulté consiste à faire correctement l’analyse de la voiture convoitée. Car vous voulez éviter d’acheter une voiture qui ne vous plairait pas, ou qui ne serait pas conforme à vos attentes.

Cette « due diligence » comme on dit en Angleterre, est encore plus difficile à élaborer si vous n’êtes pas aidé localement. En effet, vous dépendez alors du bon vouloir du vendeur, susceptible ou non, de vous donner les informations que vous solliciterez.

Les situations à éviter dans vos démarches préliminaires :

1- Asséner le vendeur de questions.

A juste titre, vous poserez beaucoup de questions, réclamerez de nombreuses photos. En imaginant que votre maitrise de l’anglais soit bonne et que votre vendeur soit prêt à se soumettre à vos attentes, cela peut bien se passer. Néanmoins, l’expérience démontre qu’un acheteur étranger réclamant (parfois maladroitement) de trop nombreuses informations, encore et encore sur une suite d’emails, finira par lasser le vendeur qui rechignera à répondre. Un relais sur place, capable de se déplacer et d’utiliser les bons éléments de langage avec le vendeur, pourra bien souvent faire aboutir une transaction dont on ne voyait pas l’issue.

2- Etre en contacts avec plus de 3 vendeurs à la fois.

Le marché de l’occasion Anglais est abondant. Les sites Pistonheads.com et Autotrader.co.uk sont bien faits et largement pourvus de très belles annonces. Vous serez tenté de mettre en concurrence de nombreuses voitures que vous seriez susceptible d’acheter. Vous lancez de nombreux hameçons et écrivez à plus de 3 vendeurs au sujet de leur voiture. Et voilà, vous êtes tombé dans le piège, car vous serez débordés par l’information et dans l’impossibilité de faire un choix.

En effet, du fait de la distance, vous aurez toujours plus de questions et toujours plus de doutes et t’interrogations. En conséquence, votre prise de décision sera ralentie, vous n’aurez plus la tête froide, et « la bonne » auto vous passera sous le nez !

Attention donc de bien identifier les quelques voitures sur lesquelles vous allez vous concentrer, et menez une discussion et une éventuelle négociation bien cadrée. Votre but est d’être capable de prendre une décision relativement vite pour éviter d’avoir fait toutes ces démarches prospectives pour rien.

3- Marchander sans argument

Rien n’agacera plus un vendeur Anglais, qu’un potentiel acheteur français, tentant de marchander sans argument. Notre façon très latine de spontanément demander un rabais, n’est pas l’usage en Angleterre. C’est même une démarche qui a tendance à irriter nos amis Anglais et à les fermé à toute discussion future. Attention donc, et préparez votre argumentation. Notez les points sur lesquels vous pourrez vous appuyer pour négocier :

  • Les défauts repéré sur la voiture
  • Le manque de clarté du dossier d’entretien
  • L’imminence d’un entretien ou d’un service à prévoir
  • L’état de corrosion
  • D’autres autos comparables annoncées moins chères.

Evitez la démarche frontale et osons le dire caricaturale, du français cherchant d’emblée et sans argument à faire baisser le prix. Car vous risquez de vous voir remercié pour votre intérêt, puis ne plus avoir de nouvelle.

Identifiez les indices souvent laissés sur les annonces par les vendeurs. En effet, les vendeurs indiquent souvent si ils sont ouvert à une négociation ou non. La mention « ONO » à coté du prix, signifie « Or nearest offer ». Ceci indique que le vendeur est prêt à écouter un argumentaire pour baisser son prix. A l’inverse, la mention « No offer », signifie que le vendeur n’est à priori pas disposé à discuter son prix.

Bien souvent, les annonces ayant la mention « No offer », sont les mieux placées niveau prix. Les vendeurs sont donc sur de pouvoir vendre l’auto rapidement au prix indiqué.

4- Ne pas allez voir la voiture avant de l’acheter

C’est le point le plus difficile à appréhender. Cette objection est d’ailleurs valable d’une façon générale, que vous achetiez en Angleterre ou en France !

Au niveau des procédures administratives pour l’immatriculation en France, plusieurs difficultés à anticiper : 

  • L’obtention du certificat de conformité européen (CoC pour « certificate of conformity »). En effet, d’un constructeur à l’autre, cette démarche est plus ou moins simple et onéreuse.
  • Obtenir du vendeur anglais, l’original du V5C au moment ou vous prenez livraison de l’auto. En effet, peu de vendeur anglais connaissent la procédure à suivre lorsqu’il s’agit de vendre à un étranger. Le fait de laisser le V5C à l’acquéreur sera souvent contre intuitif pour votre vendeur, et il faudra lui expliquer en amont les règles de ce cas de figure particulier, édicté par DVLA (Driver and Vehicle Licensing Agency). Sans ce précieux sésame, vous ne pourrez pas immatriculer votre voiture en France.
  • Rédaction d’une facture en bonne et due forme et bilingue Français/Anglais. Certains SIE (Service des Impôts pour les Entreprises) pour l’obtention du quitus fiscal, refusent les documents en Anglais.
  • Scanner l’ensemble des pièces au format PDF ou JPG ayant une taille inférieure à 1 Mo. Cela sera facile pour certains, et du chinois pour nombre de lecteurs… Néanmoins c’est une condition nécéssaire pour pouvoir envoyer vos pièces jointes sur le site de l’ANTS, seul moyen aujourd’hui de faire votre demande d’immatriculation et d’obtenir votre certificat d’immatriculation.

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez confier la mission à un mandataire, contactez moi via mon site Edony.com

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